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Eline Arnaud : Faire vivre l’art pour vivre de l’art
23 juillet 20181Comment

Eline Arnaud : Faire vivre l’art pour vivre de l’art

Bichonnée par un coiffeur et maquilleur avant son shooting, Eline est généreuse dans l’échange que nous amorçons à peine les usages effectués. Dans une pièce retirée de Jetclass, boutique d’ameublement de luxe, elle se confie sans formalisme et avec sincérité.

Consacrée à l’Art

La jeune femme est la représentation même de la candeur. « Une petite nature » pourrait-on penser. Mais comme elle bouillonne d’idées et de concret pour ce domaine qui la passionne : l’Art, la clarté de sa voix reflète celle de sa vision. Son ton posé révèle son assurance.

Eline Arnaud est la promotrice de la Cité des Arts, une initiative lancée pendant le dernier trimestre de 2016, et reçue avec enthousiasme à Abidjan. C’est une série d’expositions d’artistes prometteurs mais peu visibles. Ces expositions se tiennent dans des lieux non conventionnels comme au premier étage de l’intimiste BAO café, ou sous le préau du discret et chic restaurant Kajazoma. Que des expositions unipersonnelles jusque-là, l’idée étant de mettre la lumière sur un talent à la fois, sélectionné avec rigueur. Mais au-delà d’une exposition, Eline a pour objectif de contribuer à donner une base solide à l’artiste. Ceci implique le développement d’une démarche artistique et l’ouverture sur un réseau d’acteurs importants de l’Art (Collectionneurs, Galeristes, Journalistes…). Avec l’association participative A’lean and Friends, elle aura organisé cinq expositions, des ateliers pour enfants avec les artistes, « car donner après avoir reçu, c’est important », et des talks.

Un pont entre deux bouts

Eline Arnaud pourrait bien être la pièce déterminante dans l’émergence d’une classe de jeunes adultes convertis en acheteurs potentiels ou effectifs d’art. Entre les fins connaisseurs et les amateurs, elle crée des moments de rencontre décomplexés où tous se sentent légitimes de s’intéresser à des peintures ou des sculptures. Consciente de la réputation élitiste de l’industrie de l’Art, Eline est profondément convaincue que c’est la chose de tous. Sa jeunesse et son ouverture en font une rassembleuse à dessein ou pas. De Yopougon, commune de son enfance, à Cocody où elle travaille et s’est installée, cette amoureuse d’art est à l’aise avec tout le monde et veut intéresser en premier les jeunes et les étudiants.

« J’ai horreur des barrières et des cases prédéfinies ». Ses activités illustrent bien son proposAu quotidien, Eline Arnaud est Directrice Adjointe de la Communication d’une Fondation pour enfants. En marge de cette responsabilité, elle se consacre à De fil en aiguille, une entreprise sociale qui forme et emploie des femmes en tant que brodeuses. Influencée par sa mère, elle est soutenue par cette dernière.

Ses engagements pour l’enfance, la femme, et l’art ont en commun son attachement aux valeurs participatives. Avec la Cité des Arts, on fait face à un cas d’école.

Une démarche participative

A l’écouter défendre un sens de la participation et du rassemblement autour d’un art qui ne rejetterait aucune classe, on la qualifierait de rêveuse. Mais alors une rêveuse réaliste. Car en effet, elle le dit : « J’ai la tête dans les étoiles, et les pieds ancrés dans le sous-sol ».

Il est prévu dans les gains des différentes expositions, une part consacrée à l’organisation de nouvelles expositions. L’objectif est de créer un cycle positif, donnant ainsi l’occasion à d’autres jeunes étudiants ou autodidactes de se découvrir à la scène artistique. Il faut faire vivre l’art pour pouvoir en vivre, créer des circonstances, de la valeur et de l’intérêt. C’est cette addition qui donne  et consolide une industrie artistique en Côte d’Ivoire.

« Avec la Cité des arts nous voulons ouvrir une première porte, offrir une première expérience d’exposition, aider l’artiste à se structurer, s’évaluer et communiquer autour de son travail. »

Bien entendu, un tel chantier n’est pas sans difficultés. Il faut entretenir des relations saines et constructives avec un artiste passionné et parfois déconnecté de certaines réalités, maintenir une constance, constituer une équipe forte afin de déléguer les nombreuses tâches, intéresser le public. Autant d’enjeux qui monopolisent son temps et dévorent allègrement son énergie.

Cependant ces défis ne freinent en rien l’entrain d’Eline qui compte faire encore plus, encore mieux.

Des projets définis

Ad vitam, son projet est de s’investir entièrement pour l’art. En exclusivité elle nous a confié sa vision : Un espace qui associe entreprenariat, évènement culturel, conseil, développement artistique et ressourcement. En attendant elle compte acquérir une formation de curateur d’art. L’entreprise se veut la rencontre de son goût pour le social et la nécessité de rentabiliser. C’est une posture lucide qui n’écarte jamais la sensibilité. Après tout, il est question d’art.

TEXTE: ORPHELIE THALMAS

PHOTOGRAPHE: DADI

DIRECTION ARTISTIQUE: PATRICK EDOOARD

MUA: RAPH METARMORPHOSE

LIEU: JET CLASS

TRENCH EN JEAN: KYNA COLLECTION

COMBINAISON: ME WE

SNEAKERS: VICTORIA

BOUCLE D’OREILLE: BEE’S

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FOULARD: ME WE

TOP ET PANTALON EN JEAN: KYNA COLLECTION


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VESTE MANCHE COURTE: KENTE GENTLEMEN

PANTALON: KYNA COLLECTION

BAGUE: BEE’S

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