fermer
GRAFFITI & DJIBRIL DRAME
13 juillet 20171Comment

GRAFFITI & DJIBRIL DRAME

Djibril Drame, Bonjour Btendance a le plaisir d’échanger avec toi pour la première fois sur ton travail d’artiste africain à la conquête du monde, Ma premiere question est la suivante, qu’est ce que l’Art de nos jours pour toi?

Merci Beaucoup BTendance. Mes sincères et affectueuses salutations à toute l’équipe. Ma première et dernière visite à Babi remonte il y a deux ans. J’ai été invité par l’espace LeBasquiat Art Gallery de Jacob Bleu pour exposer mon projet intitulé « Ma Ville colorée ». Babi est ancré dans mon cœur a jamais.

Pour moi, l’art reste un secret en Occident, une discipline ou activité appartenant à un groupuscule de personnes ( curator, artistes, galeristes et critiques d’art). Je n’oublie pas dans l’art la mode, qui est une partie intégrante de l’art, mais malheureusement qu’on oublie souvent.

À mon humble avis, l’art est le style de vie de l’homme noir, de l’africain. Cet homme qui malgré les dures labeurs, les déceptions, les humiliations…parvient à rester positif pour créer, recréer, inspirer. Être artiste, c’est être en guerre contre soi et non pas dire que l’enfer est l’autre. Être artiste, c’est se remettre en question, tandis que les autres nourrissent leurs corps à longueur de journées, l’artiste se focalise sur son âme.

Malheureusement, aujourd’hui il y a beaucoup de camaraderie, de népotisme…Du moment où l’univers artistique est géré par l’Occident, l’art est devenu aujourd’hui une mafia.

 

Au-delà de ton travail d’artiste photographe tu es aussi réalisateur, Gardienne est ta première œuvre médiatisée, que peux tu nous dire sur le sujet?
Après 12 ans dans la photographie, j’ai commencé à m’intéresser au travail du réalisateur Sénégalais, Djibril Diop Mambety. Ce qui m’a poussé à accepter l’offre de Mame Djarra Diop, fondatrice de l’Association Sunu Thiossane a réaliser son projet de film « Lalabiralan », qui a été d’ailleurs projeté le 13 mai à l’Academie de Musiques à Brooklyn ( BAM Fisher).

« Gardienne » est ma deuxième réalisation de court métrage. Le film est une fusion entre narration et documentaire. Tourné entre Addis Abeba et Los Angeles, l’histoire raconte la relation d’une sœur à son frère, qui est toujours dans de sales draps. Mais sa sœur est toujours présente pour le sortir du gouffre. Jusqu’à ce qu’un jour, la sœur décide de l’introduire au skateboarding. Depuis, ce jour la vie est devenue plus intéressante et heureuse.

La deuxième partie, tournée à Los Angeles raconte l’histoire de Israel Dejene qui est le fondateur de Megabi Skate, une organisation visant à donner de l’espoir aux jeunes de la banlieue éthiopienne d’Addis Abeba, Entoto.

En résumé, c’est une série de photos et un film court métrage. On projette de le montrer en Août prochain à New York avec l’aide de ma Curator, Jessica Epstein.

On a vu quelques images qui sont saisissantes, colorées surtout pleine de vie, comment le tournage s’est effectué?

Le tournage a Addis s’est effectué en une journée. Je suis une personne qui ne voit jamais d’obstacles. C’était dur de tourner seul. Mais heureusement, j’avais retrouvé une stagiaire de Megabi, une certaine Masaye. Elle m’avait épaulée dans la logistique. Merci à Sinteyahu mon chauffeur, Aida Muluneh qui m’a invité a Addis pour représenter le Sénégal a la quatrième édition d’Addis Foto Festival.

Les graffitis et leur environnement te captivent énormément pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a d’aussi particulier que nous ne percevons pas dans l’immédiat?

Mon histoire avec le graffiti remonte à l’âge de 15 ans. Mon cousin, Deep qui est membre fondateur du premier groupe de graffiti au Sénégal m’as mis dans le bain, comme on dit.

Quelques années plus tard, d’autres jeunes de mon âge ont commencé à s’activer dans cet art. Du coup, je me suis dit qu’une révolution était en train de se dérouler et il fallait quelqu’un pour la documenter.

C’est ce que j’ai fait. En 2007, j’ai décidé de collecter toutes ces images de la scène graffiti au Sénégal pour en faire une série intitulée « Ma Ville colorée ». Ce projet a été accueilli par le Haus Der Jugend à Freiburg en 2012, à Dakar au Goethe institut en 2014 et à Abidjan en 2015 à LeBasquiat Art Gallery.
Le sujet que tu as choisi pour ton film est assez particulier surtout en Afrique, cela part il d’un constat ou d’un état d’esprit? Y aurait il une forme de marginalisation qui est peu décriée?

Depuis tout petit, j’ai toujours été un anti-conformiste. Pour moi, le conformisme tue la diversité. J’ai envie de voir tout le monde, tout ceux qui travaillent durs de se voir récompenser. Car pour moi, le talent n’existe pas il n’existe que le travail. La répétition, la discipline et l’ouverture d’esprit.

Quel artiste contemporain africain te motive au quotidien et pourquoi ?!

J’adore le travail de l’artiste nigerian, Victor Ehikhamenor. La profondeur de son travail et surtout la recherche avant la conception est magnifique. Il y a quelque chose qui ne manque jamais dans ses œuvres, c’est ce côté sexy qu’on ne retrouve que chez les grands artistes. Je peux citer : Le défunt Issa Samb, Joe Ouakam, Chaz Guest et Omar Viktor Diop. Il y aussi des jeunes comme Siaka Soppo Traore, Paul Sika, Selly Raby Kane, Sidy Mouhamed Kandji…

Interview by Caroline Khan pour Btendance!

Photographe Francis Koroko

IMG_8682
IMG_8685

IMG_8678

IMG_8679 IMG_8681

IMG_8680

IMG_8674

IMG_8639

L’OREAL À ABIDJAN !!

IMG_8840

CHERIF DOUAMBA…. THE NEW INTERNATIONAL FASHION MODEL!!

Laisser un commentaire