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QUI EST VIRGINIE EHONIAN ?!
20 janvier 20171Comment

QUI EST VIRGINIE EHONIAN ?!

VIRGINIE EHONIAN, LA FEMME DERRIERE AFRICAN LINKS & NOORU BOX
Mardi 10 janvier 2017, nous avions rendez-vous avec la blogueuse culturelle et la fondatrice de Nooru Box, Virginie Ehonian, dans un café parisien pour parler de ses projets personnels, du continent africain et de culture. Une entrevue enrichissante avec une jeune femme passionnée.
Qui est-elle ?
Virginie Ehonian est une blogueuse culturelle française d’origine ivoirienne à l’initiative d’african links et qui a récemment fondée la box culturelle Nooru Box.
Elle a créé son blog african links en 2011, le 1er « blog parisien d’art afro-centré ». « Au départ je voyais african links comme une plateforme de promotion des jeunes artistes africains. Je voulais que cela soit une interface sur laquelle on puisse acheter des œuvres de jeunes artistes issus du continent ». Elle décide de finalement transformer son site en un blog personnel car « manque de réseau à ce moment-là » et y parle de revues et d’expositions coup de cœur liées à l’actualité. C’est devenu son « laboratoire d’écriture » et à partir de 2013-2014, elle donne un nouvel élan à son blog en nouant des partenariats avec des institutions culturelles et en interagissant avec certains artistes mais il est important pour elle de « conserver ce blog comme un plaisir ».
En 2017 le blog acquiert de nouvelles responsabilités car il va devenir « le blog officiel de la Nooru Box ». Elle mènera donc de front les deux projets – le blog et la Nooru Box. « Je vais conserver ma ligne de pensée car cette dernière alimentera les sélections de la box ».
Qu’est-ce que la Nooru Box ?
Créée et conçue par Virginie en mai 2016, l’idée lui est venue à la suite des nombreux jeux-concours culturels qu’elle organisait sur son blog. Elle a voulu créer un kit culturel « permettant de découvrir les cultures noires, les cultures africaines autrement. Il existe de nombreuses box culture mais aucune axée sur cette niche-là ». Elle a identifié un besoin réel en Île de France, notamment de personnes souhaitant découvrir de nouvelles choses : « Il y a aussi un besoin de lever le voile sur des sujets que les gens ne connaissent pas forcément et auxquels ils n’ont pas facilement accès ». Internet permet de combler certains de ces besoins et de les partager mais « il faut aussi mettre de la lumière dessus ». D’où le nom, Nooru, qui signifie lumière en swahili. La Nooru Box, c’est donc la « boîte remplie de lumière ».
Nooru Box est pour elle le « moyen de fédérer tout ce qui se fait par rapport à l’Afrique en apportant une nouvelle offre et en nourrissant des passions ».
Outil d’inspiration, la Nooru Box a aussi une dimension pédagogique elle souhaite s’appuyer sur « l’art contemporain et aussi l’Histoire car les artistes en sont les témoins ».
Virginie parle volontairement de « culture noire » au sens très large, ce qui englobe par exemple Cuba, les Antilles ou encore l’Amérique du Sud et pas seulement le continent africain. Sensible à l’histoire des communautés noires à travers le monde ; cependant, elle n’exclut pas des opportunités de collaborer avec des artistes de différentes origines : « Un Sud-Africain blanc reste un Africain, car indépendamment de sa couleur de peau, il vit une réalité que je n’ai pas. ».
Ce qu’elle pense du rôle d’Internet dans l’expansion culturelle afro ?
Selon Virginie, Internet joue un rôle indéniable dans la diffusion artistique et culturelle afro. Cela a commencé sur Facebook et les blogs mais « l’arrivée d’Instagram a tout fait explosé. Les comptes consacrés à l’Afrique ou l’art africain se sont multipliés et tout azimut. Ce réseau social a nourri cet engouement ». Par exemple, le projet Everyday Africa est un compte dédié aux photographes contemporains africains et chaque jour « on peut découvrir des images de la vie quotidienne en Afrique qui changent le regard sur elle : il n’y a pas que du négatif ! ».
Ce qu’elle a pensé d’AKAA – Also Known As Africa, la 1ère foire d’art africain contemporain organisée à Paris en novembre 2016 ?
« C’est bien qu’il y ait ce type d’initiative ». A l’instar de la foire londonienne 1 :54 pour laquelle elle a collaboré en 2013 et 2014. « C’est important que chaque ville présente un tel rendez-vous avec l’art contemporain : cela laissera une trace aux prochaines générations, et il faut archiver ce tout ce qui se fait aujourd’hui ». Elle considère, à juste titre, que ces manifestations prouvent qu’il existe bien un marché de l’art africain : « les artistes qui y sont représentés ont besoin de s’établir et malheureusement on les voit peu dans les grands classements dédiés aux marchés de l’art ». Beaucoup de choses doivent se mettre en place pour que les choses changent et cela commence avec les écoles d’art, les institutions, les personnes qui accompagnent les artistes « cela se met en place progressivement ».
Comment à travers son blog et sa box elle perçoit ce boom afro-culturel et quelle est la place de Paris dans les événements afro-culturels?
A la création de son blog, il n’était pas toujours évident de trouver un sujet et elle écrivait donc tous types de sujets auxquels elle était sensible : musique, émissions télévisées… Aujourd’hui, elle se concentre sur l’art contemporain car c’est ce qui l’anime. Désormais, les sujets abondent et elle se retrouve même sollicitée : « le vent a tourné car de plus en plus d’événements en lien avec la thématique de l’art contemporain « Made in Afrique »».
« Paris est une grande frileuse » par rapport à d’autres villes comme Londres où la première édition de 1 :54 était en 2013. Cela dit, on ne peut que constater les efforts effectués car depuis les années 2005, des expositions dédiées à l’art africain contemporain ne cessent de se succéder. « Paris veut aujourd’hui combler son retard avec des événements tous azimuts en lien avec l’Afrique mais il y a une belle énergie ». Rien à voir avec Londres, où elle se rend souvent : « A Londres, il y a un autre état d’esprit : l’échange et la rencontre se font plus facilement et l’engouement pour l’art africain y semble plus maîtrisé ».
Plus que de savoir quelle est la place de Paris, Virginie estime que c’est au consommateur « de dicter la ligne de conduite en faisant des choix » puisque c’est grâce à lui que les événements rencontrent ou non un succès.
Ce qu’elle perçoit de l’actualité culturelle ivoirienne et du marché de l’art en Afrique ?
Elle s’est rendue en Côte d’Ivoire en juillet 2016 et en a profité pour se rendre à la Fondation Donwahi. « Pas mal de choses se mettent en place mais le terme art contemporain n’aura pas la même résonnance à Abidjan et à Paris. L’idée même de travailler dans l’art prend du temps à être acceptée mais un marché d’art existe en Côte d’Ivoire ».
« Les Nigérians achètent leurs artistes, il y a un marché et ces artistes sont à un haut niveau. A Dakar, il y a des infrastructures mises en place et la Biennale de Dakar mais à Abidjan, ça commence ».
Ces artistes coup de cœur ?
Patricia Essong dont l’album Soul of Nü Bantu reprend des titres de grands figures de la chanson africaine figure dans la dernière Nooru Box : « Elle m’éblouit au niveau humain et artistique. Je trouve son concept fort car elle remet au goût du jour des chansons auxquelles ma génération n’avait pas accès ».
Evan Mbugua, graphiste et artiste digital d’origine kenyane : « Ces portraits ont très fort impact visuel : c’est ultra dynamique».
Emmanuelle Soundjata, est une créatrice martiniquaise qui mène des ateliers de maré tèt, « l’art d’attacher le foulard ». Elle a ce désir de se servir du présent pour comprendre le passé. L’aspect historique est le nerf de sa démarche, elle va au-delà de l’aspect esthétique ».
Elle conclura notre rencontre de la meilleure façon possible : « Il ne faut pas qu’être africain reste une particularité : ce présent engouement doit perdurer. C’est une étape durant laquelle évoquer tout type de problématiques conduira à ce qu’être noir et africain ne soit qu’un détail, dans le débat universel des idées ».

credit photo: Francisco Brigida

interview réalisée par Loane A. pour BTENDANCE

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SIMPLY CLASSY… LANDRY!!

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